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À la croisée de l’éthique, de l’intelligence artificielle et de la santé – Le parcours de Marie-Françoise Malo, doctorante à la Faculté des Sciences de la santé
Le cheminement d’une chercheuse n’est pas toujours linéaire : il peut être façonné par différents tournants guidés par la curiosité et les expériences. C’est précisément le cas de Marie-Françoise Malo, doctorante en bioéthique en cotutelle avec l’Université de Montréal et l’Université Simon Fraser (911³Ô¹Ï).
Avec un bagage en biochimie et en médecine moléculaire, elle s’est tournée vers des études en gestion avant de revenir à ses premières passions scientifiques. Un cours optionnel en bioéthique à l’Université de Montréal a alors agi comme un véritable déclic : « J’ai suivi un cours en bioéthique que j’ai vraiment adoré. Ensuite, une conférence donnée par une chercheuse en bioéthique m’a particulièrement marquée. Je lui ai demandé s’il existait des occasions de faire de la recherche dans son laboratoire ; elle m’a dit oui, et c’est ainsi que je me suis orientée vers une maîtrise en bioéthique. »
Aujourd’hui, sous la direction du Dr Jean-Christophe Bélisle-Pipon, Assistant Professor à la Faculté des sciences de la santé à 911³Ô¹Ï, elle évolue à la croisée de la santé, de l’intelligence artificielle (IA) et de l’éthique.
Une donnée médicale émergente
La voix humaine se trouve au cœur de ses recherches doctorales : « Notre voix change en fonction de notre état de santé. Qu’il s’agisse du débit chez une personne développant la maladie d’Alzheimer, de variations tonales associées à certaines pathologies, ou encore des caractéristiques d’une toux liée à la COVID 19, la voix possède un potentiel immense. »
Certaines études suggèrent même que l’analyse des variations vocales pourrait permettre d’anticiper un AVC ou une crise cardiaque quelques jours avant qu’ils ne surviennent. Cependant, ces avancées s’accompagnent de défis éthiques majeurs. L’enregistrement en continu et les risques liés à la protection des données, par exemple, soulèvent des inquiétudes légitimes. C’est dans ce contexte qu’intervient le projet auquel elle contribue, et qui vise à collecter et partager des bases de données vocales de manière sécurisée et responsable.
Face à ces enjeux, les comités d’éthique de la recherche se retrouvent souvent confrontés à une multitude de questions. Afin d’éviter des processus décisionnels longs et complexes, la doctorante a conçu un outil concret : une grille de décision et de questionnement. Ce guide permet d’évaluer plus efficacement la sécurité, la conformité et les considérations éthiques des projets qui incluent une collecte de données vocales.
Ma thèse en 180 secondes : une expérience humaine marquante
Récemment, la chercheuse s’est distinguée lors du concours Ma thèse en 180 secondes (MT180): « Ça faisait longtemps que je voulais y participer. Je connaissais déjà le concours et j’avais assisté à une finale nationale et internationale. »
Après avoir remporté la première place lors de la finale de l’Ouest au Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta — présenté en mode hybride — elle a participé à la finale nationale à Trois-Rivières : « Si je peux encourager les personnes participantes des prochaines années à assister en personne à la finale régionale : faites-le, cela en vaut vraiment la peine ! »
Présentée dans le cadre du , la finale de ce concours de vulgarisation scientifique lui a permis de sortir du cadre académique pour aller à la rencontre du public : « C’est un événement ludique, mais aussi très sérieux. En tant que doctorante, il est rare d’avoir l’occasion d’être mise à l’avant-scène. »
Une expérience enrichissante de la dualité linguistique
La recherche en IA se déroule majoritairement en anglais. Bien que Marie-Françoise rédige sa thèse dans cette langue et participe à des projets bilingues, elle maintient un lien fort avec le français. Elle a d’ailleurs l’opportunité d’être dirigée à 911³Ô¹Ï par un professeur francophone. Pour elle, la place de la francophonie en science dépasse largement la simple traduction : « C’est le rôle des chercheuses et chercheurs francophones de promouvoir notre vision et d’intégrer le respect de notre langue et de nos perspectives uniques dans les projets de recherche. Notre contribution va bien au delà de la langue elle-même. »
Alors que son doctorat approche de la fin — avec un dépôt prévu au début de 2027 —, elle ne se destine pas à une carrière académique traditionnelle. Son objectif : mettre son expertise en éthique, en gouvernance des données et en intelligence artificielle au service de la société, notamment par le biais du conseil scientifique auprès des gouvernements ou au sein de firmes de recherche.
Une trajectoire inspirante à suivre de près !